Pas de sacrifices, juste des investissements

Alexis Lepage est étudiant en Sciences de la consommation à l’Université Laval et fait partie du club de triathlon Rouge et Or depuis 2014 et de cross-country Rouge et Or depuis l’automne 2015.

S’éloigner pour mieux performer!
J’ai quitté le pays le 31 décembre dernier pour évoluer à l’étranger et je ne vais probablement pas revenir au Québec avant la Coupe du monde de triathlon à Montréal le 7 août. Si pour certains c’est un rêve, comme moi auparavant, maintenant c’est mon quotidien. Oui, vivre le rêve, mais aussi les investissements, dont mes  communications avec les membres de ma famille et mes amis qui se font dorénavant via Facetime.

Pour une deuxième année, j’évolue sur le circuit de la Fédération internationale de triathlon (International Triathlon Union – ITU) à titre de triathlète élite. Très loin de bénéficier d’une vie de luxe dont profite les athlètes qui font partie les ligues d’équipes professionnelle (NBA, NFL, NHL), les triathlètes font beaucoup avec peu. Mais, à l’instar de tous les autres membres des Wizards, un groupe international comportant environ quinze triathlètes élites parmi les meilleurs au monde, cela n’a pas d’importance. Notre Alexis-Lepage-credit-Yan-Doubletsport, c’est notre mode de vie, notre passion… Pour lui, nous poussons nos limites, défiant l’imaginable avec l’inimaginable. La conquête d’une place sur l’équipe olympique canadienne, c’est LA raison pour laquelle je suis outre-mer. C’est mon but, aussi stéréotypé que cela puisse paraitre, jeune je le désirais déjà, maintenant dans la dernière ligne droite, j’ose dire, cette qualification m’habite à chaque mètre que je franchis. Ce départ accordé par la fédération canadienne pourrait bien être en 2016 pour les Jeux olympiques de Rio, mais cela pourrait aussi être un cycle plus tard à Tokyo. Soyons clairs,  je la veux et je suis déterminé à l’obtenir.

2015 a été la première étape d’un investissement à grande échelle. Je suis parti en Australie pour m’entraîner avec les meilleurs au monde et m’approcher de ma cible; les JO, mais surtout pour mieux apprendre à performer en compétition. Mon année 2015 a été parsemée de réussites et d’échecs, d’apprentissages et de déceptions, mais ce fut une année que je ne regrette en rien. Du mois de janvier au mois de mai, j’étais en Australie, plus précisément à Wollongong, une ville côtière située à environ 80 km au sud de Sydney. À partir de ce camp de base, j’ai participé à des compétitions en Nouvelle-Zélande, en Chine, aux Philippines et, bien sûr, en Australie.

Par la suite, du mois de juin jusqu’à la mi-septembre, les membres de mon groupe et moi nous nous sommes installés à Vitoria-Gasteiz, en Espagne. Il s’agit d’un endroit idéal pour l’entraînement, en raison de sa proximité avec les autres pays européens, du faible coût de la vie et des facilités d’entraînement. Ma nouvelle « maison » était donc l’Espagne pour trois mois et demi. J’ai pris part à des compétitions en Allemagne, en Ukraine, en Suède, aux Pays-Bas, en Espagne et en France.  Chez nos cousins français, je bossais pour l’équipe française de première division de Montpellier  qui rivalisait pour le Grand Prix F.F.TRI de Triathlon (l’un des circuits nationaux les plus relevés au monde). À la fin de ce périple, j’ai terminé mon année de triathlon à Chicago. J’ai représenté le Canada aux championnats du monde de triathlon, où j’ai terminé en 8e position chez les 23 ans et moins.

Débuts tardifs à l’Université Laval
Ma participation aux Championnats du monde l’oblige, j’ai débuté ma session universitaire de l’automne avec quelques semaines de retard. J’ai complété mes cinq cours avec succès tout en poursuivant l’entraînement. Ouf !

Intéressé par la voie de l’entrepreneuriat pour devenir chef d’entreprise, j’ai choisi de m’inscrire au baccalauréat en administration des affaires par cumul de certificats étant donné le très grand nombre de cours offerts à distance. Je suis d’ailleurs inscrit à deux cours à la présente session. Mon projet d’affaires, c’est pour l’après Jeux olympiques…

En septembre dernier, j’ai accroché mes baskets de triathlète pour prendre ceux de cross-country avec le club du Rouge et Or. Bien que ma performance ne se soit pas révélée au-delà de mes attentes, principalement en raison d’une blessure, je suis très heureux de cette expérience et je compte bien tirer mon épingle du jeu pour la saison 2016 de cross.

Pas de sacrifices, juste des investissements
Mon périple de 2015 m’a coûté une petite fortune et pas uniquement au plan financier. Je n’arrivais pas à concrétiser ce que j’espérais faire; études, entraînements, démarrage d’un commerce en ligne pour financer partiellement mon aventure vers les JO, etc. Seulement pour l’entraînement avec mon groupe, il fallait compter de 25 à 30 heures par semaine, auxquelles je devais ajouter deux heures de massothérapie, une heure de physio, une heure avec ma psychologue sportive et j’en passe. En général, il fallait réserver 40 heures par semaine pour tout ce qui a trait à l’entraînement de triathlon, sans compter les siestes qui sont quasi obligatoires et les déplacements aller et retour vers les sites où se tiennent les compétitions. Le temps est une denrée périssable qui expirait plutôt rapidement, du moins en ce qui me concerne. C’est donc un investissement de temps et d’argent que j’ai fait en 2015 en vue d’être un meilleur athlète et de me rapprocher de mon rêve olympique.

Ayant décidé de répéter l’expérience en 2016, j’ai passé le Nouvel An dans l’avion en direction de l’Australie afin de poursuivre le travail avec mon groupe (sans avoir peur des mots : les meilleurs sur la planète), sous la supervision du maître/entraîneur Jamie Turner (disons-le, reconnu mondialement). Encore une fois, mon horaire est très chargé, mais j’y étais préparé mentalement, contrairement à l’année précédente. J’ai donc commencé l’année avec un camp de trois semaines en altitude afin d’être prêt pour la saison de triathlon au plan international. Cette fois-ci il n’y aura jamais trop d’attentes.

Cette année, je performerai sur le circuit de la coupe du monde afin de prendre de l’expérience et de grimper dans le classement international. Avec de trois à six heures d’entraînements intensifs par jour, six jours sur sept (le 7e jour inclut un jogging d’environ 20 km), je dois me discipliner au maximum pour mettre mes études à l’horaire.

Tous ces investissements me rapprochent définitivement de mon rêve olympique, et d’une vie post-athlétique, ce rêve que je chéris tant depuis l’âge de 5 ans…

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